Cavaliers : comment se mettre au hunter

Vous avez entendu parler du hunter ou pratiqué à l’occasion d’un stage et vous souhaitez débuter dans la discipline ? Je ne peux que vous féliciter 🙂 Si vous vous posez des questions sur la mise en oeuvre concrète de votre nouvelle résolution, voici quelques conseils pour vous accompagner.

Les pré-réquis pour débuter en hunter

Quel niveau à cheval minimum pour pratiquer le hunter ?

Le Hunter est une discipline d’obstacle qui demande également de bonnes bases sur le plat. Les premières épreuves Club d’indices 4 et 3 requièrent un Galop 2 minimum. Personnellement, j’intègre à mon équipe Hunter Club des cavaliers ayant un niveau Galop 3, ou en tout cas facilement performables pour atteindre ce niveau en cours d’année. Il faut dans tous les cas qu’ils soient autonomes pour enchaîner un petit parcours d’obstacles et associés à des montures adaptées.

S’il n’y a pas d’objectif compétition, le Hunter peut être pratiqué quelque soit le niveau, puisqu’il s’agit avant tout d’un état d’esprit ! Lorsque je fais travailler son attitude et son fonctionnement à une cavalière G2, j’ai en tête la même recherche que pour un cavalier Galop 7 sortant en compétition (avec des critères adaptés, bien évidemment). La discipline s’adapte donc à tous les niveaux sans problème puisqu’il s’agit surtout de construire des bases solides sur le plat et à l’obstacle, en termes d’attitude et fonctionnement.

Quel cheval pour pratiquer le hunter ?

Si vous pratiquez en Club, il sera facile de trouver, sur conseil de votre coach, un poney ou cheval adapté pour débuter en Hunter dans vos écuries (du moins pour des épreuves Equitation). Les difficultés pourront être adaptées à votre niveau et le sien (niveau de dressage, moyens à l’obstacle, expérience en compétition…).

Si vous êtes déjà propriétaire de votre cheval ou poney, j’ai une bonne nouvelle pour vous : vous n’avez pas besoin d’en changer ! 😀 Dans la plupart des cas, si votre cheval ne présente pas de problématique particulière et est en mesure de sauter un minimum de 40cm, vous pourrez pratiquer le Hunter ensemble. Cela est aussi valable pour un jeune cheval qui commence tout juste le travail à l’obstacle ou un cheval de loisirs sans objectif de compétition.

Encore une fois, il s’agit d’un état d’esprit : si votre cheval n’est pas en mesure de sauter, il vous est possible de travailler « façon Hunter » sur le plat et des barres au sol.

Adhérer aux valeurs du hunter

A priori, c’est déjà le cas puisque vous lisez cet article 🙂 Mais c’est l’occasion de rappeler le principe de base du hunter : la recherche de la meilleure harmonie cheval/cavalier sur l’enchaînement de parcours et la résolution de difficultés tant sur le plat qu’à l’obstacle.

Je précise toutefois que pratiquer le hunter, à la maison et/ou en compétition, n’a pas besoin d’être un choix exclusif ! Cela peut tout à fait s’intégrer dans le travail du couple de CSO ou de CCE, mais aussi de loisirs souhaitant se faire plaisir à l’obstacle.

Faut-il du matériel spécifique pour débuter en hunter ?

Non.

(les réponses courtes sont les meilleures)

(il faut quand même quelques plots, barres et chandeliers à minima, mais on en trouve généralement assez facilement dans une carrière ou un manège 😉 Si vraiment vous voulez pousser plus loin, vous pouvez bien sûr créer des soubassements originaux, acheter plein de plantes chez Truffaut et lancer un concours de Do It Yourself pour décorer vos chandeliers, mais rien de tout cela n’est vital pour débuter en hunter).

Faire le point sur vos objectifs en Hunter

Analyser vos envies et motivations

Pour commencer, il est utile de faire le point sur vos attentes et objectifs dans la pratique du Hunter. Qu’est-ce qui vous attire dans la discipline ? Sur quoi voulez-vous progresser ? Voulez-vous fixer un objectif concours pour vous motiver ?

Voici quelques exemples d’objectifs :

  • débuter un jeune cheval à l’obstacle,
  • qualifier mon cheval pour les Championnats de France Hunter Amateur,
  • améliorer mon attitude & fonctionnement à l’obstacle,
  • commencer la compétition dans un cadre ludique et convivial

Bien sûr, parlez de vos envies et de vos objectifs avec votre coach : il pourra ainsi adapter son approche à votre couple.

Débuter en Hunter : compétition or not compétition ?

Il y a autant d’objectifs que de cavaliers ! Je le répète : le Hunter est certes une discipline, avec des compétitions jusqu’au niveau National, mais c’est aussi et surtout un outil de travail pour le cheval et son cavalier.

Personne ne vous oblige à pratiquer la compétition si c’est le travail de fond à la maison qui vous intéresse.

D’un autre côté, la compétition peut être un moyen d’évaluer vos progrès, aller à la rencontre des autres pratiquants de votre région, vous soumettre à l’oeil d’un jury extérieur, tester votre cheval en situation de concours et vous faire plaisir en vous dépassant.

Style ou équitation : quel camp choisir ?

Haha, vous y avez cru ?

On ne vous oblige pas à choisir entre les deux ! Beaucoup de couples sortent à la fois sur des épreuves Style et des épreuves Equitation.

Toutefois, c’est votre cheval qui va vous indiquer vers quelle spécialité vous orienter le cas échéant : le Hunter style ne notant que le cheval, il doit posséder de vraies qualités à l’obstacle (cadence, montée des genoux, articulation au-dessus de l’obstacle) et si possible le physique qui va avec 😀 Le Hunter Equitation convient à tous les chevaux/poneys qui, comme je le disais, savent un minimum sauter.

Si vous n’êtes pas orienté.e compétition, le travail se basera sur les principes du Hunter Equitation mais des enchaînements type Style peuvent également aider, notamment dans le travail du jeune cheval ou la préparation d’épreuves de CSO/CCE.

Intégrer le Hunter à sa pratique de l’équitation

Ca y est, vous êtes prêt.e ! Vous voilà paré.e pour passer à l’action. Mais comment ?

Votre enseignant/club propose déjà la pratique du Hunter

Si vous êtes cavalier de club, demi-pensionnaire ou propriétaire dans un centre équestre pratiquant déjà le Hunter, rapprochez-vous du coach référent Hunter. Discutez avec lui ou elle de vos objectifs, de vos envies et de comment intégrer la section Hunter. Vous pouvez également participer à un stage pour découvrir la discipline et vous faire un avis avant d’intégrer l’équipe Hunter.

Il est par ailleurs fort probable que l’enseignant intègre déjà une approche Hunter dans ses cours classiques sans que vous vous en rendiez compte : parlez-en ensemble ! Si vous ne souhaitez pas sortir en compétition, il sera ainsi en mesure de vous proposer un parcours adapté.

Votre enseignant/club ne propose pas la pratique du Hunter

Si votre enseignant ne pratique pas le Hunter, ou que votre centre équestre n’a pas de section compétition dédiée, vous pouvez lui soumettre l’indiquer d’intégrer le Hunter à ses cours habituels. En lui expliquant les avantages et l’esprit de la discipline, vous pourrez discuter ensemble de comment pratiquer le hunter lors des séances collectives ou de cours particuliers.

Renseignez-vous grâce aux ressources citées plus bas dans l’article afin de proposer des idées de séances et d’exercices. Vous pouvez en parler aux autres cavaliers et voir s’il est possible d’organiser un cours hebdomadaire ou un stage spécial Hunter.

Trouver un coach spécialisé pour débuter en Hunter

Si votre cheval se trouve dans une structure sans enseignement ou que vous souhaitez aller plus loin avec un enseignant spécialisé, il est possible de chercher un enseignant indépendant qui puisse vous accompagner dans votre pratique.

Il existe très peu de diplômes ou certifications attestant d’une spécialisation Hunter pour les enseignants d’équitation : un DEJEPS (Diplôme d’Entraineur) Hunter vient d’ouvrir à Uzès et le BFE (Brevet Fédéral d’Entraineur) Hunter a démarré en 2020, mais le Covid est venu perturber les passages d’examen. Pour ma part, en région parisienne, j’ai pu suivre l’intégralité de la formation avant le confinement mais nous attendons de pouvoir passer les examens du BFE et d’obtenir nos certifications.

Le bouche à oreille est bien sûr un excellent moyen de vous faire recommander un coach de Hunter. Il y a globalement peu de personnes spécialisées en Hunter en France (si l’on compare au dressage au CSO) mais beaucoup ont une approche similaire dans le travail. Intéressez-vous donc à l’approche globale de la personne : que recherche-t-elle dans le travail sur le plat ? A l’obstacle ? Chez le cheval ? Chez le cavalier ?

Vous pouvez bien sur vous aider des moteurs de recherche de Google ou Facebook, en tapant « enseignant équitation Hunter + numéro du département » ou poster votre recherche sur les groupes d’enseignants et cavaliers de votre département.

Bonus : mes ressources préférées pour débuter en Hunter

Où trouver des idées d’exercices type Hunter ?

Que vous montiez seul ou non, trouver des idées de séances et de dispositifs est toujours utile pour démarrer. Vous pouvez indiquer ces références à votre coach pour qu’il y trouve de l’inspiration.

Voici mes ressources préférées :

  • Guide fédéral Hunter, édité par la FFE, qui résume ce qu’il faut savoir sur le Hunter et propose de nombreux exercices et dispositifs,
  • l’application Equisense, qui propose de nombreux exercices de Hunter sur le plat et à l’obstacle (pas toujours fléchés Hunter, mais vous les reconnaîtrez facilement).

Rejoindre la communauté des Hunteristes

Un des avantages du Hunter, c’est l’aspect « petit microcosme ». On retrouve généralement les mêmes personnes sur les terrains et il existe une vraie communauté Hunter.

Pour poser vos questions et discuter avec d’autres Hunteristes, vous pouvez par exemple rejoindre les groupes Facebook dont plusieurs sont superbement gérés de manière bénévole par Céline Marmont, multiple médaillée de Hunter.

Je ne les connais pas tous, n’hésitez pas à fouiller Facebook à la recherche du groupe de votre région 😉

—————————–

Avec ces conseils, vous devriez être parés pour vous lancer dans la pratique du Hunter ! Il n’y a plus qu’à découvrir et vous amuser !